
Urrugne (Pyrénées Atlantiques), 25 juin 2026.
Ce jeudi 25 juin, la Mairie d’Urrugne a accueilli la réunion du Comité de pilotage du projet POCTEFA « La Rhun‑E : un espace pour travailler ensemble/Rencontre/Elgarrekin », un rendez-vous stratégique pour analyser l’état de mise en œuvre de cette initiative de coopération transfrontalière entre la France et la Navarre.
La réunion, convoquée par Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, et Jean-Pierre Mirande, vice-président chargé des politiques de montagne et de la coopération transfrontalière, a réuni les partenaires institutionnels et techniques impliqués dans le projet.
La réunion était animée par Jean-Pierre Mirande, vice-président chargé des politiques de montagne, et Rubén Goñi, directeur général du Développement rural du Gouvernement de Navarre.
Ont également participé à la séance Orekan, ainsi que des représentants institutionnels clés du territoire, le maire de Bera de Bidasoa, Aitor Elexpuru entre autres, et les maires des trois villes françaises partenaires -Stéphane Barneix de Sare (Xara) ; Sébastien Etchebarne d’Urrugne ; et Bénédicte Luberriag d’Ascain-, ayant tous été récemment nommés à ces fonctions à la suite des dernières élections municipales françaises.
Dans ce cadre, les différents partenaires ont présenté l’avancement des actions, parmi lesquelles se distingue l’achèvement des travaux d’aménagement de l’unique piste d’accès au massif de La Rhune par le col de Landagaita, opérationnel depuis ce printemps, et réalisé par Orekan et la Mairie de Bera.
Différents investissements ont été réalisés en Navarre et le reste de l’année sera réalisée la réhabilitation d’une borda – Auberge de Garín – pour la transformer en refuge pour alpinistes et en espace d’éducation environnementale.
Une autre des actions centrales du projet est la réhabilitation de Larungain, l’auberge centrale du massif, comme point de rencontre entre les différentes régions et villes. Cet espace sera ouvert au public et sera la porte d’entrée sur le patrimoine naturel, historique, pastoral et archéologique du massif.
Le projet, doté d’un budget de 3 millions d’euros, a été promu par le Département français des Pyrénées-Atlantiques, l’entreprise publique Orekan au nom du Gouvernement de Navarre et les entités locales de la zone des deux côtés de la frontière, entre autres acteurs institutionnels et privés.
Rubén Goñi, directeur général du Développement rural du gouvernement de Navarre, a souligné « Les actions concrètes de ce projet, qui se concrétisent déjà, visent à valoriser un espace naturel emblématique et privilégié de part et d’autre de la Muga, tel que le massif de La Rhune, au service de stratégies de développement territorial durable et de revitalisation de l’économie locale ; un exemple incomparable de la richesse apportée par notre patrimoine naturel et par les éléments les plus symboliques de notre imaginaire. »

Amélioration de la piste d’accès au massif de la Rhune
L’objectif principal des travaux réalisés par Orekan et le conseil municipal de Bera pour aménager la piste d’accès au massif de la Rhune était d’améliorer la sécurité de cette infrastructure de montagne, où des accidents graves se sont produits par le passé.
Le projet a permis de consolider un itinéraire d’un peu plus de 3 kilomètres, avec un dénivelé de 518 mètres et une pente moyenne de 16,8 %, reliant le quartier de Kaule (Bera) au sommet de la Rhune. Il s’agit d’une piste à accès restreint -autorisé par la municipalité-, destinée principalement aux bergers, au personnel des ventas (auberges de montagne) et aux techniciens de maintenance des antennes.
Ce projet répond à la nécessité d’adapter et d’améliorer la chaussée suite aux dommages causés par de fortes pluies torrentielles en mai 2023, qui ont mis en évidence la vulnérabilité du revêtement routier dans une zone caractérisée par de fortes pentes. Les principaux travaux ont consisté à construire de nouveaux tronçons en béton dans les secteurs les plus escarpés, à réparer les surfaces en béton existantes, à aménager divers tronçons de matériaux granulaires (tout-venant) et à aménager des zones de croisement pour les véhicules. Par ailleurs, le système de drainage a été renforcé grâce à la modernisation des conduites d’eau et à la construction de nouvelles rigoles de drainage, des mesures essentielles pour prévenir la détérioration de la surface causée par le ruissellement.
Le coût total du projet s’est élevé à 290 036,35 €, dont 65 % ont été cofinancés par les fonds FEDER de l’Union européenne via le projet La Rhun-E, dans le cadre du programme Interreg VI-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2021-2027).
Les travaux d’entretien de la piste seront réalisés grâce à une coordination entre les principaux usagers : la mairie de Bera, les bergers et les exploitants des ventas. Cette collaboration garantira la sécurité de la piste à long terme.

Évaluation de l’état du projet
Au cours de la séance, un examen approfondi du cadre du projet, de ses objectifs et de l’avancement des actions prévues a été réalisé. L’ordre du jour a compris à la fois une présentation du contexte stratégique et un bilan détaillé des activités achevées, en cours et restant à mener jusqu’à la clôture du projet.
Des travaux sont actuellement en cours pour organiser, cet automne, un événement célébrant l’Année internationale des pâturages et des bergers 2026, dans le but de donner une place de premier plan au pastoralisme à La Rhune.
Des travaux seront également réalisés pour aménager les sentiers des sommets menant aux différentes ventas, installer des sanitaires publics et mettre en place une signalisation pour les chemins traversant le flanc de la montagne et en parallèle, une étude archéologique et historique approfondie de la montagne qui témoigne d’une longue histoire d’activité humaine dans la région — est en cours.
L’initiative La Rhun-E s’inscrit dans la priorité environnementale du programme POCTEFA et vise à protéger, préserver et consolider les valeurs écologiques du territoire transfrontalier de La Rhune, sur une période initialement prévue de 2024 à 2027. Le partenariat travaille actuellement sur une éventuelle prolongation d’un an, ainsi que sur des ajustements du programme d’actions et de la répartition budgétaire, tout en préservant l’esprit du projet.
Le comité a confirmé des progrès significatifs sur plusieurs axes d’intervention. En matière d’infrastructures, les projets achevés notables incluent la piste d’accès au massif depuis Bera, réalisée par Orekan et la Mairie de Bera, terminée en mars 2026, ainsi que diverses études techniques concernant l’électricité, l’eau et l’assainissement dans la partie haute. Des initiatives telles que la rénovation de la venta de Garin, l’amélioration des itinéraires et des points d’accès, ainsi que la planification de nouvelles installations au sommet, sont également en cours.
Parallèlement, le projet fait avancer la définition d’un schéma transfrontalier de gestion de l’accès et des flux de visiteurs, incluant des études de mobilité ainsi que le projet de réhabilitation du sentier historique des muletiers, prévu entre l’automne 2026 et l’hiver 2027.
Protection de l’environnement, patrimoine et gouvernance partagée
L’un des piliers fondamentaux du projet est la préservation du patrimoine naturel et culturel de La Rhune. En ce sens, des mesures ont déjà été mises en œuvre, telles que la lutte contre les espèces envahissantes, la préservation des zones humides et la réalisation de différentes études sur la biodiversité, dans le cadre du réseau Natura 2000.
Des programmes de sensibilisation destinés tant aux visiteurs qu’à la population locale ont également été lancés, avec des actions de médiation sur site durant la haute saison, des activités pédagogiques et des événements participatifs de part et d’autre de la frontière. Sur le plan culturel, des efforts notables portent sur la recherche relative au patrimoine historique du massif, notamment des études sur le train de La Rhune et sur l’histoire des ventas.
Le projet prévoit également la création d’un point d’accueil commun et d’un espace public partagé au sommet, ainsi que l’élaboration de modèles de gouvernance transfrontalière innovants, fondés sur une coopération publique-privée et sur l’analyse d’expériences similaires menées dans d’autres régions européennes.
Doté d’un budget de près de 3 millions d’euros (financé à 68 % par la France et à 32 % par l’Espagne), le projet La Rhun‑E constitue une initiative stratégique visant à renforcer la coopération, la durabilité et le développement territorial dans la zone entourant La Rhune.

